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Afin de répondre à la diminution des ressources naturelles des tourbières européennes et face aux questions environnementales croissantes, les professionnels de la filière horticole cherchent des solutions alternatives visant à diminuer leur dépendance à la tourbe.

Entre 1998 et 2024 ASTREDHOR – – Institut des professionnels du végétal / Institut Technique Agricole (ITA) qualifié pour la filière horticole, a conduit plus de 70 essais pour évaluer des solutions alternatives à la tourbe et d’en mesurer les conséquences techniques, agronomiques et économique.

Trois alternatives majeures à la tourbe

Trois matériaux se distinguent comme alternatives majeures :

  • la fibre de coco, stable et bien aérée mais au bilan carbone pénalisé par le transport ;
  • la fibre de bois, très poreuse mais susceptible d’induire une faim d’azote ;
  • les écorces, bien aérées mais peu rétentrices en eau.

Des composts peuvent aussi être intégrés, sous conditions strictes de qualité.

Substitution ou réduction de la tourbe dans les substrats

Les résultats montrent qu’une réduction partielle de la tourbe, jusqu’à 25%, n’altère pas la qualité des végétaux. En revanche, une substitution majoritaire ou totale modifie fortement les propriétés physico-chimiques des substrats. Les capacités de rétention en eau et en éléments minéraux diminuent, le pouvoir tampon hydrique est plus faible et le pH tend à augmenter.

Ces changements imposent une adaptation fine des itinéraires techniques.

Synthèse des résultats pour l’irrigation et la fertilisation

Sur le plan de l’irrigation, les substrats alternatifs tendent à retenir moins l’eau, il est donc nécessaire de faire des apports plus fréquents mais en plus faibles volumes. L’usage d’outils de pilotage, comme les sondes ou balances connectées, est recommandé pour ajuster précisément les arrosages.

Pour la fertilisation, le suivi régulier du pH, de la salinité et de la disponibilité en azote devient indispensable afin d’adapter les apports aux besoins réels des plantes. Le lessivage étant plus élevé, il est conseillé d’utiliser des engrais à libération lente et prolongée.

Enfin, d’un point de vue économique, une réduction de 30 à 40 % de la tourbe n’entraîne pas de surcoût, tandis que les substrats totalement sans tourbe peuvent être 20 à 30 % plus chers, soulignant l’importance d’un compromis technique et économique maîtrisé.

A télécharger

  • Synthèse de la recherche sur les alternatives à la tourbe – ASTREDHOR – janvier 2026